Aller au contenu principal
Retour
Publications

Architecture et patrimoine CMAQ

Artisan.es du métal : de la restauration à l’œuvre d’art public

Texte : Architecture et patrimoine CMAQ  

Photos : extraites de la websérie ENSEMBLE ARTISANS  

 

Un prestige est associé à l'ornementation en fer forgé fabriquée à la main. Emblématique, on peut notamment voir le travail de fer forgé à l’avant de la Basilique Notre-Dame de Montréal. Animant le côté sud de la Place d’Armes, ces lampadaires et grilles sont de véritables œuvres d’art ! Parfois confondue avec la métallerie et ses beaux escaliers extérieurs travaillés, ou encore, avec la fonte que l’on retrouve notamment à l'édicule de la station de métro Square-Victoria-OACI à Montréal, la forge, versatile, permet aussi de réaliser tantôt de magnifiques lampadaires, clôtures et autres éléments qui animent nos paysages urbains ou ruraux, tantôt les outils pour réaliser ces merveilles.

La forge a d’ailleurs longtemps été au cœur de la fondation des villes et villages nord-américains. C'est l'endroit où on allait faire fabriquer tous les outils nécessaires pour les autres métiers. Centrale à leur essor, c'est là aussi qu'on allait veiller et se rencontrer. Les forges étaient indispensables à la construction des bâtiments, à la fabrication des outils des agriculteurs et au ferrage des chevaux. Encore aujourd’hui, le forgeron est toujours en train de designer, que ce soit des outils pour travailler les objets ou les objets eux-mêmes. 

La production artisanale en forge traditionnelle a depuis laissé sa place à la production industrielle et l’essor de la métallerie d’art. Ainsi, ce qui était autrefois en abondance est aujourd'hui rare et sélectif. 

Image
Voyez le travail complémentaire du métallier Louis Barrette et du forgeron Olivier Maranda qui, dans un même atelier, accueillent des projets variés : restauration de patrimoine, œuvre d’art publique, sculpture, installation et ferronnerie d'art.

Industrialisation et évolution des métiers  

Avec l’industrialisation, le métier a connu de nombreuses transformations. Certains forgerons se sont convertis en mécanicien ou réparateur de voiture, d’autres ont intégré des usines de métal ou sont devenus spécialistes de réparation de la machinerie. Le fer, matériau central à la forge, s’est également transformé avec l’arrivée des nouvelles technologies, dont l’acier. La transmission des connaissances et des techniques « traditionnelles » a donc été interrompue pendant plusieurs décennies. 

Les nouvelles technologies ont aussi mené à l’essor de la soudure électrique, qui permet de créer des ossatures, du mobilier et des ornements en métal. Un bon exemple est l’intervention des métiers du métal en art public. Pour le côté technique de la conception des œuvres, les artisan.es et les artistes travaillent en complémentarité. Fins connaisseurs de la matière, ils résolvent les nombreux problèmes pouvant surgir pendant la fabrication et l’installation de l’œuvre.  

Image
Voyez le travail complémentaire du métallier Louis Barrette et du forgeron Olivier Maranda qui, dans un même atelier, accueillent des projets variés : restauration de patrimoine, œuvre d’art publique, sculpture, installation et ferronnerie d'art.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron 

Les métiers du fer ont été durement touchés par l’industrialisation, mais ils n’ont pas disparu pour autant. Aujourd’hui, le Québec connait même un regain d’intérêt important pour le travail du métal à chaud. L’envie de pouvoir accomplir quelque chose de ces mains, de voir les résultats de son travail, de travailler dans le concret et de se sortir de son quotidien est perceptible. Pour certains, ce travail très physique et répétitif peut même s'avérer une méditation active.  

L'envie d'apprendre la forge comme hobby est également en hausse , grâce à des émissions comme « Forged in fire » qui est très populaire. Il y a donc un regain d’enthousiasme face aux objets utilitaires faits à la main comme les couteaux, les haches ou les outillages ainsi que pour la création en ferronnerie d’art pour des ornementations et des sculptures.

Image
Voyez le travail complémentaire du métallier Louis Barrette et du forgeron Olivier Maranda qui, dans un même atelier, accueillent des projets variés : restauration de patrimoine, œuvre d’art publique, sculpture, installation et ferronnerie d'art.

Les métiers du métal en architecture et patrimoine 

Bien que les disciplines se recoupent, la métallerie regroupe les corps de métiers qui fabriquent ou posent des ouvrages métalliques conçus pour le bâtiment. À ne pas confondre avec la métallurgie qui consiste à fabriquer les métaux. Ces métaux peuvent ensuite être forgés à chaud par martelage par un forgeron. La forge nécessite toujours un feu au charbon ou au gaz, un marteau et des tenailles pour tenir le métal chaud dans le chaud, puis une enclume pour façonner les formes désirées : c’est ce qui la distingue du travail de la métallerie. L’atelier de métallerie et l’atelier de forge sont souvent complémentaires !

En tant que forgeron, il est aussi possible de se spécialiser. On peut devenir par exemple taillandier ou bien coutelier. Ce dernier travaille le métal à chaud pour créer des lames et des couteaux. Quant au taillandier, il travaille la matière à chaud afin de créer toute sorte d’objets tranchants, comme des haches, ainsi que des outils pour les autres métiers qui interviennent sur les bâtiments. 

Image
Voyez le travail complémentaire du métallier Louis Barrette et du forgeron Olivier Maranda qui, dans un même atelier, accueillent des projets variés : restauration de patrimoine, œuvre d’art publique, sculpture, installation et ferronnerie d'art.

 Les types d’intervention 

Les clients et professionnels font appel à un artisan forgeron ou métallier pour différents projets : grilles, clôtures, rampes, ornements de fer forgé, quincaillerie, outillage. Ainsi, les artisans du métal participent à différents types de travaux, de la conception à la restauration d’objets et d’œuvres architecturales. Certains artisans vont aussi combiner différents types de projets et alterner entre de la restauration patrimoniale, la reproduction d’ouvrages, la création de nouveaux éléments ou la production d’objets en petites séries. 

L’artisan peut être amené à travailler avec des architectes et avec des restaurateurs spécialisés, dans le cas de restauration ou reproduction d’ouvrages du patrimoine bâti, afin d’utiliser les bons matériaux, les techniques adéquates et les enduits adaptés à l’ouvrage à effectuer. La restauration d’ouvrages en fer forgé requiert des recherches dans les archives, une documentation complète afin de s’assurer de reproduire un motif précis ou mieux comprendre comment l’élément original a été créé. 

Image
Voyez le travail complémentaire du métallier Louis Barrette et du forgeron Olivier Maranda qui, dans un même atelier, accueillent des projets variés : restauration de patrimoine, œuvre d’art publique, sculpture, installation et ferronnerie d'art.

L’apprentissage du métier 

Au Québec, il n’existe pas d'école ou de programme d’apprentissage reconnu par le ministère de l’Éducation afin de devenir forgeron ou métallier. Les parcours d’apprentissage sont donc alternatifs et reposent sur un réseau d’artisans au Québec et à l’international. Plusieurs personnes vont d'abord apprendre par eux-mêmes, puis intégrer un atelier déjà reconnu pour poursuivre leur apprentissage. Certains vont faire des séjours en Europe ou aux États-Unis afin d’apprendre les rudiments du métier. 

Au Québec, il existe une formation (DEC) en Techniques de métiers d’art, option sculpture à la Maison des Métiers d’art de Québec où une personne peut s’initier au travail de la forge. 

Pour ce qui est de la ferronnerie d’art, les assemblages traditionnels, les techniques traditionnelles, la taillanderie ou même la coutellerie, ces disciplines de la forge s’apprennent auprès d’artisans expérimentés qui acceptent d’accueillir des apprentis dans leur atelier. Bientôt, les artisans ayant déjà de l’expérience pourront aussi se perfectionner en restauration des éléments de métaux anciens en suivant l’AEC en métiers d’art du patrimoine bâti (spécialité forge et ferronnerie d’art). 

Image
Voyez le travail complémentaire du métallier Louis Barrette et du forgeron Olivier Maranda qui, dans un même atelier, accueillent des projets variés : restauration de patrimoine, œuvre d’art publique, sculpture, installation et ferronnerie d'art.

À propos des métiers d’art liés à l’architecture et au patrimoine bâti 

Les artisan.es des métiers d’art liés à l’architecture et au patrimoine ont contribué à la création de notre patrimoine culturel. Encore aujourd’hui, ce sont la maîtrise du geste et les techniques propres à ces métiers d’art qui émanent de multiples réalisations.  Grâce à eux, peu importe, où notre regard se porte, se dévoilent sur les bâtiments et lieux des éléments architecturaux porteurs de sens, de beauté et d’identité.    

Ces artisan.es contribuent à la création et la restauration de notre patrimoine bâti. Ils sont détenteurs d’un savoir-faire spécialisé, et contribuent autant à la sauvegarde de notre patrimoine culturel qu’à la création contemporaine d’éléments de qualité. 

  • Charpenterie traditionnelle 
  • Ébénisterie et menuiserie d’art 
  • Ferblanterie et couverture traditionnelle 
  • Ferronnerie d’art et forge 
  • Maçonnerie traditionnelle 
  • Métallerie d’art 
  • Mosaïque 
  • Peinture en arts décoratifs 
  • Plâtre ornemental 
  • Sculpture 
  • Taille de pierre 
  • Verre et vitrail 

La websérie ENSEMBLE ARTISANS vous dévoile le quotidien des forgerons et métalliers d’art en patrimoine bâti au Québec. Métalliers d’art,  forgerons et ferronniers d’art  représentent au CMAQ une variété de pratiques, allant de la coutellerie à la forge traditionnelle et l’ornementation architecturale > recherchez-les par MÉTIER ou par MATIÈRE dans notre moteur de recherche ! 

architecture et patrimoine
bâtiments historiques
patrimoine bâti
patrimoine culturel
forgeron
métallier
CMAQ
ensemble artisans